Dans plusieurs quartiers de Yaoundé, notamment Melen et Mvogbeti, l’insalubrité s’impose comme une réalité quotidienne. Le problème ne réside pas seulement dans la production massive de déchets, mais surtout dans leur ramassage irrégulier, qui transforme les rues en dépotoirs à ciel ouvert.
Sur les axes principaux comme dans les ruelles, les ordures s’entassent pendant des jours, parfois des semaines. Les tas de déchets finissent par déborder sur la chaussée, perturbant la circulation et exposant les riverains à des conditions de vie précaires. À Melen, quartier très fréquenté et animé, les déchets s’accumulent à proximité des habitations, des commerces et des lieux de restauration. L’absence de collecte régulière pousse certains habitants à déposer leurs ordures dans des points informels, aggravant la situation. À Mvogbeti, le constat est similaire. Les images montrent des amas d’ordures directement déposés le long des routes ou contre les murs, faute de bacs adaptés ou de passage fréquent des camions de collecte.
Des agents de propreté mobilisés, mais dépassés
Malgré cette situation, des équipes de nettoyage sont bel et bien à pied d’œuvre. Munis de pelles, de bottes et d’équipements de protection, ces agents tentent de dégager les zones les plus critiques. Cependant, leur intervention reste souvent ponctuelle et insuffisante face à l’ampleur du problème. Le manque de moyens logistiques, notamment de camions et de bacs à ordures, limite fortement l’efficacité du ramassage.
Le travail manuel, visible sur le terrain, témoigne d’un engagement réel, mais aussi d’un système de gestion des déchets encore fragile.
Un système de collecte en difficulté
Le problème du ramassage des déchets à Yaoundé repose sur plusieurs facteurs :irrégularité des tournées de collecte, insuffisance d’infrastructures (bacs, centres de regroupement), croissance rapide de la population urbaine, mauvaise gestion ou coordination des services, comportements inciviques de certains habitants. Dans de nombreux cas, les populations, faute d’alternative, déposent leurs déchets dans des zones non prévues à cet effet, accentuant la saturation des espaces publics. Des conséquences sanitaires et environnementales préoccupantesL’accumulation des déchets ne se limite pas à une nuisance visuelle. Elle entraîne : la prolifération des moustiques et des rongeurs, l’augmentation des risques de maladies (paludisme, infections, diarrhées), la pollution de l’air et des sols, la dégradation du cadre de vie. Pendant la saison des pluies, la situation s’aggrave davantage, les déchets obstruant les caniveaux et provoquant des inondations. Quelles solutions pour améliorer le ramassage des déchets ? Pour sortir de cette crise, plusieurs actions apparaissent essentielles :renforcer la fréquence des collectes, augmenter le nombre de bacs à ordures accessibles, moderniser les équipements de collecte, sensibiliser les populations à la gestion des déchets, impliquer davantage les collectivités locales et les acteurs privés. Une meilleure organisation du système de ramassage permettrait non seulement d’améliorer la propreté de la ville, mais aussi de restaurer la qualité de vie des habitants.
À Melen comme à Mvogbeti, le problème du ramassage des déchets illustre les défis auxquels fait face la ville de Yaoundé en matière de gestion des déchets. Malgré les efforts visibles sur le terrain, le système actuel peine à suivre le rythme d’une ville en pleine expansion. Sans une réforme en profondeur et une implication collective, l’insalubrité continuera de s’imposer comme l’un des principaux défis de la capitale camerounaise.
